Congrès de Rennes de la Fédération Nationale des DDEN : La laïcité, la défense de l’Ecole laïque et les DDEN ne sont pas morts !

Grâce à la tribune libre « le Délégué Laïque » une discussion vivante et salutaire a commencé entre les DDEN de France et de Navarre sur leurs missions et l’avenir de leur Fédération. Etre « à la croisée des chemins » n’est en effet pas confortable. Continuer la lecture de « Congrès de Rennes de la Fédération Nationale des DDEN : La laïcité, la défense de l’Ecole laïque et les DDEN ne sont pas morts ! »

Les DDEN sont-ils les auxiliaires du Ministre de l’Éducation nationale ou les amis de l’École publique laïque ?

Les DDEN de l’Union de Paris n’en n’ont pas cru leurs oreilles, quand Jean-Paul Mathieu, VicePrésident de la Fédération nationale des DDEN, s’est mis à menacer l’un d’entre eux. Celui-ci venait de se montrer critique vis-à-vis de la réforme du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. La violence des menaces du Vice-Président interroge : Quel regard apporte le Bureau fédéral sur la réforme du ministre de l’Éducation nationale alors que les DDEN de l’Union de Paris, réunis en congrès, se questionnent à la fois sur le but et les implications de cette nouvelle réforme, mais aussi sur l’orientation du Bureau fédéral.

Vous avez dit police politique ? Cela y fait penser.

Quand les DDEN de Paris, comme beaucoup d’autres, s’interrogent sur la mise en place d’établissement public des savoirs fondamentaux (EPSF) regroupant un collège avec plusieurs écoles, avec de nouveaux « conseils d’écoles-collège », certains y voient la fin des directeurs d’école et s’interrogent sur le devenir de la fonction du DDEN, alors que le bureau de la Fédération des DDEN semble préoccupé de pourchasser ceux qui lui font obstacle dans la mise en œuvre d’un rôle d’auxiliaire du ministère de l’Éducation nationale.

Décidément, les préoccupations des DDEN et celles du bureau de leur Fédération nationale ne semblent pas être de même nature.

François Docvie

La chasse aux sorcières est-elle ouverte dans la Fédération des DDEN ?

Le Président de l’Union Départementale des DDEN de Seine-Saint-Denis demande au DASEN la radiation de toute la délégation de Sevran des DDEN.

Mais quelle mouche vient donc de piquer le Président de l’Union Départementale des DDEN, Jean-Marc Minetto, pour proposer au DASEN la radiation collective des 7 DDEN de la délégation de Sevran ? Mais quel crime ont donc commis ces brebis qui seraient devenues galeuses au point de vouloir les éliminer ?

On a pris connaissance dans « le délégué laïque N° 1 » de l’affaire du Rhône, où un collègue est radié par le DASEN avec le soutien de la Direction Départementale de la Fédération et d’Eddy Khaldi, le Président National. Le collègue avait commis le crime abominable d’avoir signalé la présence permanente de gens d’Église dans la Mairie, où se trouve l’Ecole publique dont il est le DDEN !

On a pris connaissance aussi des pressions exercées par le Président Khaldi pour éliminer, à Paris, des collègues DDEN qui n’avaient pas l’heur de lui plaire. Et maintenant, la Seine-Saint-Denis ? Et après à qui le tour ?

Le crime commis par les 7 DDEN de la délégation locale de Sevran

Mr Minetto, Président et Mme Marie-Jo Aymard, ex Présidente, membre du Secrétariat National de la Fédération, soutenus par 6 autres membres du CA de l’Union Départementale (sur 18), dénoncent les DDEN de Sevran qui auraient commis l’irréparable : ils ont travaillé avec les parents élus dans les conseils d’école et leurs associations, avec 26 Directeurs d’Ecole sur 27, avec les enseignants et leurs syndicats, le SNUDI-FO et le Snuipp-FSU. Quelle abomination !

Bien pire encore : ils ont participé avec eux à la constitution, le 18 février 2018, d’un « Comité de Suivi des écoles publiques de la Ville » regroupant près de 200 enseignants et parents d’élèves volontaires pour collecter toutes les demandes des écoles et les faire valoir ensemble auprès des autorités municipales et académiques.

Suprême hérésie : ils ont édité successivement 2 cahiers qui ressemblent à des « cahiers de doléances » ! Ces cahiers (20 pages) répertorient minutieusement les demandes figurant dans les comptes rendus écrits des Conseils d’Ecole, rayent ce qui a été faits et ne rayent pas ce qui reste à faire. C’est même devenu la référence des services publics de la Ville, qui ne disposaient d’aucun plan de réhabilitation des écoles de la Ville.

Les DDEN de Sevran ont conquis un tel respect pour ce travail qu’ils ont pu facilement veiller à ce que personne ne puisse le dénaturer ou le récupérer à d’autres fins que la satisfaction des demandes légitimes des écoles. En juin 2018, le Préfet et le DASEN recevaient d’ailleurs la délégation de ce « Comité de Suivi ». Le rapporteur était un DDEN.

Le Maire lui-même reconnaîtra que le travail du Comité de Suivi avec les DDEN avait permis d’obtenir des crédits alloués par l’État à la sécurisation des écoles. 4 groupes scolaires en ont déjà bénéficié.

Les DDEN n’ont jamais ignoré les difficultés budgétaires de la Ville de Sevran qui est leur commune depuis des décennies. Ils ont évidemment des appréciations politiques différentes sur bien des sujets. Mais tous sont unanimes : les écoles publiques n’ont pas à souffrir des restrictions budgétaires ordonnées par les diktats de la Cour des Comptes pour réduire les dépenses publiques !

Fallait-il donc se contenter de faire des signalements discrets quand ils s’avèrent inefficaces ? Fallait-il ne rien dire et ne rien faire quand des barbecues s’installent dans des écoles les weekend, des écoles sont grandes ouvertes en permanence faute de gardiens, et d’agents de service dans la journée, des intrusions fréquentes ayant permis des vols de clés de voitures dans les sacs d’enseignantes pendant la récréation avec vol d’une voiture dans le parking, une école sans eau chaude, des assiettes en plastique pendant des mois dans une autre, des bouts de verre dans un jardinet, des seringues dans une autre, des normes de sécurité non respectées, des fenêtres et des portes cassées ni réparées ni changées faute de personnels de la ville qui sous-traite de plus en plus à des sociétés privées utilisant des salariés sans qualification, etc…

Bref, fallait-il donc renoncer à notre mission qui est de défendre le droit des élèves et des personnels à des conditions correctes de la vie scolaire dans leurs écoles, alors que dans nos visites d’écoles et dans nos conseils d’école, nous prenons connaissance de situations inadmissibles dans l’École de la République ?

Fallait-il ne rien dire et ne rien faire parce que l’IEN de la circonscription apporte dans le journal municipal d’Avril 2019 son soutien public à l’équipe municipale, dont la responsable à l’enseignement était la candidate d’Emmanuel Macron aux dernières élections législatives ?  

Fallait-il dédouaner la responsabilité de l’Éducation Nationale sur les questions qui relèvent des responsabilités municipales au moment où la loi présentée par Mr Blanquer, rejetée par la quasi-totalité des partenaires de l’Education Nationale, se propose de la dénationaliser en transférant ses missions aux collectivités territoriales et leurs élus politiques ?

Fallait-il anticiper sur une réforme qui signifierait, entre autre, la disparition ou la redéfinition des missions des DDEN qui deviendraient « les collaborateurs » des élus politiques territoriaux au lieu d’être les « fonctionnaires bénévoles » chargés par l’Éducation Nationale de faire respecter partout, dans toutes les écoles du pays, des conditions correctes de la vie scolaire et le respect de la laïcité des institutions de la République ?

Les DDEN du Département avaient félicité les 7 DDEN de Sevran pour leur travail présenté à l’AG départementale des DDEN de Seine-Saint-Denis qui s’est tenue le 16 février. Pas un mot de reproche de la part des membres du CA. L’AG adoptera à l’unanimité une motion laïque présentée par la délégation de Sevran pour l’unité de toutes les associations et organisations laïques contre la révision de la loi de 1905 (cf. LE DELEGUE LAIQUE N°1) ainsi qu’une autre motion unanime de soutien à toutes les délégations qui travaillent pour que les normes imposables à toutes les écoles de la Nation soient respectées [voir ci-dessous].

Et le 23 mars, au CA qui suit l’AG, le Président Jean-Marc Minetto inscrit au dernier moment une demande au DASEN … de radier la délégation de Sevran de la liste des DDEN du Département.

Vous trouverez ici (https://www.ledeleguelaique.fr/?p=170) la lettre envoyée par Mr Minetto (non adoptée par le CA !) formulant les motifs obscurs de cette radiation, qui n’a aucun fondement autre que la volonté d’un quarteron d’empêcher la délégation de Sevran d’accomplir ses missions de défense des écoles publiques de la Ville desquelles ils devraient donc être bannis… si le DASEN les suivait (1).

(https://www.ledeleguelaique.fr/?p=185) Vous trouverez aussi la lettre au DASEN des 7 DDEN de Sevran.

On apprenait également ces jours derniers le départ précipité du DASEN et du Préfet… Les parents d’une quinzaine d’écoles où sévissent ces affreux DDEN, la totalité du « Comité de Suivi » stupéfait ont déjà exprimé par écrit leur solidarité avec leurs DDEN qu’ils veulent garder. Le Maire lui-même, lors d’une audience du 11 avril avec les 7 DDEN tous présents, a exprimé son étonnement qu’une telle demande puisse être formulée.

L’affaire est loin d’être close. Elle risque fort de devenir un scandale national, si Eddy Khaldi, Président en exercice de la Fédération Nationale, apportait son soutien à l’entreprise pilotée par Marie-Jo Aymar (secrétaire nationale) et le Président encore en exercice de la Fédération Départementale des DDEN.

A suivre.

Michel Bureau

(1) Rappelons que l’on peut être DDEN nommé par le DASEN, après avis de l’IEN et du CDEN, sans adhérer pour autant à l’Union Départementale des DDEN (Association loi de 1901).

Motion unanime de l’AG annuelle de la Fédération Départementale

de Seine-Saint-Denis des DDEN du samedi 16 février 2019 à Villemomble présentée par la délégation de Sevran

L’Assemblée Générale annuelle des DDEN de Seine-Saint-Denis a constaté de réelles difficultés pour des Municipalités d’assumer pleinement leurs responsabilités dans les domaines de la Sécurité, l’hygiène, l’entretien, l’équipement, la restauration, les réhabilitations et constructions scolaires… Les insuffisances constatées impactent les conditions de vie scolaire offerte aux élèves et aux personnels dans l’Ecole de la République.

Elle rappelle que si ces missions incombent aux municipalités, l’institution scolaire est nationale et placée sous la responsabilité de l’Etat (Préfets, DASEN, Recteurs).

Dans ces conditions, l’AG des DDEN demande à la Préfecture d’entreprendre un audit de l’état des écoles publiques de Seine-Saint-Denis sur la base des normes imposables à toutes les écoles de la Nation. Elle demande aux autorités de l’Etat d’apporter toutes les aides nécessaires aux Municipalités pour accomplir leurs missions.

La Fédération départementale des DDEN soutient et soutiendra toutes les délégations qui travaillent dans ce sens, en toute indépendance, sur la base des relevés des comptes rendus des conseils d’Ecole.

Réponses de la Libre Pensée aux calomnies d’Eddy Khaldi, Président de la FN DDEN

(Circulaire de la Fédération nationale de la Libre Pensée, transmise par un DDEN libre penseur)

Chers camarades,

La situation semble tendue à l’intérieur de la Fédération nationale des DDEN depuis qu’Eddy Khaldi en est devenu Président.

Nous avons toujours entretenu des rapports cordiaux avec les Présidentes et Présidents des DDEN au cours des années passées, il faut dire que cette association très ancienne a toujours revendiqué l’abrogation de la loi Debré, ce qui nous rapprochaient indubitablement. Désormais, sous la houlette de ce nouveau Président, les relations ne sont plus bonnes.

Si cela pouvait nous rassurer, il en est de même avec la plupart des autres associations laïques, notamment les composantes du CNAL. C’est dire…

Plusieurs Fédérations départementales nous ont interrogés sur une circulaire nationale des DDEN qui s’en prend violemment à la Libre Pensée. Voici ce que nous avons répondu. Vous pouvez naturellement communiquer cette réponse à qui de droit :

Il semble qu’il y ait un grand malaise dans les DDEN depuis qu’Eddy Khaldi est devenu Président. Il y a comme un vent de normalisation à l’intérieur de la Fédération nationale des DDEN. Tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la nouvelle orientation sont bousculés pour les mener à la porte.

Faisons un peu d’histoire. Eddy Khaldi était le monsieur « Laïcité » du CNAL, il en a couvert tous les reniements. C’est ainsi que dans ses livres, le seul reproche qu’il fait à la gauche au gouvernement, c’est son silence. Lois Rocard, Chevènement, Jospin, Accords Lang/Cloupet : des silences ? Par ailleurs, il a écrit à plusieurs reprises que la loi Debré devait être appliquée dans son esprit originel et qu’elle n’était donc pas une loi antilaïque.

Les DDEN ont toujours été pour l’abrogation de la loi Debré, on comprend qu’il y ait comme un malaise aujourd’hui en son sein.

Eddy Khaldi a fait partie de l’équipe qui a soutenu la candidature de Manuel Valls pour les élections présidentielles. Avec le succès qu’on connait. Le fonds de leur ligne commune est : les seuls responsables des atteintes à la laïcité, ce sont les musulmans. Eddy Khaldi est, comme Valls et bien d’autres, tout à fait Macron-compatible. Il fait partie de ceux qui  attaquent sans cesse l’Observatoire de la laïcité, pour mieux encenser Jean-Michel Blanquer et son « Comité des Sages ».

Il y  a des années, en Drome-Ardèche, Eddy Khaldi avait accusé publiquement la Libre Pensée d’avoir trahi la laïcité et de s’est ralliée à la liberté religieuse contre la liberté de conscience. Lui qui a fait sa carrière dans l’enseignement privé catholique, il devrait pourtant  connaître la différence.

Il est un des artisans de la division des laïques en étant un des initiateurs de l’Appel des 113, publié un mois après celui des 38 principales organisations et syndicats en défense de la loi de 1905. Il leur faut diviser le mouvement laïque pour torpiller la défense de la loi de 1905.

Cela entraine visiblement des réactions chez les DDEN. A en croire une récente publication, « Le Délégué laïque », un nombre conséquent s’organise pour lutter contre la dérive qu’impulse Khaldi.

Nous n’avons aucune nostalgie du CNAL, mais force est de constater que toutes ses composantes (SE UNSA, UNSA, LDE, FCPE) sont violemment en opposition avec Khaldi. La Libre Pensée n’a rien à voir dans ce conflit.

Mais il faut désigner un bouc émissaire, cela sera donc la FNLP.

Quelles sont les preuves : le site internet qui héberge « Le Délégué laïque » est un site qui héberge aussi la FNLP et l’AILP. Comme des dizaines d’autres. Ce n’est pas une preuve, c’est une vaste rigolade. Comme « Le Délégué laïque » est sur internet et marche à l’électricité, tous les abonnés à l’EDF sont coupables ! Il n’y a pas d’autres « preuves » avancés par Khaldi. Ce n’est pas mince, c’est insignifiant.

Nous avons donc eu la curiosité d’aller voir le site qui hébergeait le site de la FN DDEN. Avec qui cohabite Eddy Khaldi ? : Les Forces démocratiques de libération du Rwanda, groupe accusé de génocide. Il y a aussi l’Elysée (Présidence de la République), 14 sociétés du CAC 40, 155 des 1 000 grands groupes européens, 20 des 500 grands groupes mondiaux.

Faut-il en conclure que la FN DDEN est aux mains des génocidaires, de l’Elysée et des groupes capitalistes ? Si l’on suit la logique de Khaldi, sans doute. Mais cette vision policière de l’Histoire n’est pas la nôtre.

Mais il faut désigner un coupable : la FNLP qui agit pour l’unité des laïques contre la division orchestrée par Khaldi et consorts.

Si cela était la FNLP qui était derrière « Le Délégué laïque », pourquoi les centaines, peut-être des milliers, de DDEN qui reçoivent cette revue internet, n’ont jamais rien reçu envoyé par la FNLP ? Si la FNLP avait un fichier aussi important de DDEN, pourquoi n’a-t-elle jamais envoyé à ces DDEN le moindre communiqué ? La  réponse est simple : parce que la FNLP n’a pas ces adresses et qu’elle les ignore. Elle n’est donc pour rien dans cette affaire.

Pour l’instant, nous n’avons pas l’intention de polémiquer publiquement sur les accusations de Khaldi. Nous ne voulons pas accroitre la division des laïques. Mais nous attendons, sereins et joyeux, notre assignation au tribunal, puisque Khaldi nous en menace. Il faudra alors qu’il fasse la preuve de ces dires et là, on va rire quelque peu. Le résultat est obligatoire : il sera débouté. Et là, nous l’attaquerons pour dénonciation calomnieuse et on gagnera à tous les coups.

Il est bien triste de constater une telle dérive d’un responsable d’une association qui a été quelque chose dans le mouvement laïque. Nous ne confondons pas bien sûr son Président avec la grande masse des DDEN qui, chaque jour au quotidien, défendent du mieux qu’ils peuvent la laïcité de l’Ecole républicaine.

Amitiés libres penseuses.

Le Bureau exécutif de la Libre Pensée

La République contre son Ecole ?

Ce second ouvrage d’Eddy Khaldi reprend largement son premier. Il est de la même veine : sous une apparence documentée, l’auteur a de curieux trous de mémoire dès qu’il est question de la « Gauche au pouvoir ».

D’abord, le titre est bien curieux. Comment la République, prise au sens générique du terme, pourrait être contre « son » Ecole ? Que la Ve République, antidémocratique et antilaïque soit contre l’Ecole publique, c’est une évidence. Mais la Ve République n’engage nullement le concept de République, au contraire, elle en est l’antinomie.

Inventif

En page 52 de l’ouvrage, on apprend, un peu étonné, que « les socialistes refusent donc (en 1978) un dualisme scolaire qui consacrerait l’installation permanente de deux systèmes parallèles et concurrents, tous deux financés par l’Etat ». Si cela avait pu être vrai, on s’en serait félicité, et même, on aurait pu le voir à partir de 1981. Mais comme sœur Anne, on n’a rien vu venir. On a même vu strictement le contraire.

Ce curieux strabisme politique conduit l’auteur, en page 37, à décrire une situation étonnante sur l’action du Parti Socialiste en matière de laïcité : « La gauche, par une atonie qui fait figure de complaisance contribue par son invraisemblable passivité – connivence ? – à ce démantèlement. Son silence conforte la collusion d’intérêts libéraux et cléricaux pour séparer l’école de l’Etat ». 

Passivité, connivence, silence, l’action des ministres socialistes au pouvoir ? Loi Rocard, Jospin, Accords Lang/Cloupet : c’est là plus que de la passivité, c’est la guerre ouverte contre l’Ecole laïque. On est en plein Tartuffe : cachez ce sein antilaïque que je ne saurais voir !

De même, en page 103, l’auteur fustige la disparition de la formation des enseignants du second degré dans les IUFM, mais a les yeux de Chimène sur le fait que c’est Lionel Jospin qui a supprimé les Ecoles normales (la deuxième fois après Pétain) et créé les IUFM, négation de la mission historique des Ecoles normales d’Instituteurs. L’auteur va même, en page 213, qualifier les IUFM d’« authentique institution publique » égale aux Ecoles normales.

L’auteur prétend que la loi Jospin était magnifique et cite, (acte manqué ?), Ferdinand Buisson : « Toutes les fois que l’on prépare une réaction morale et politique, on s’attaque aux instituteurs ». On pourrait appliquer cette citation à toute l’œuvre antilaïque de la Gauche au pouvoir, hier comme aujourd’hui.

Le seul reproche que l’auteur adresse à la Gauche, à nouveau au moment du vote de la loi Carle, c’est la « tiédeur ». En page 184, on peut lire ceci : « Cependant, ce jour-là, les députés socialistes se montrent par moments, d’une étrange tiédeur. Résultat des courses : à l’issue de cette commission à l’Assemblée, le projet est passé, en l’absence d’une opposition résolue. Le PS a donc soutenu au moins implicitement le projet de loi ».

Cette « tiédeur » n’a pas empêché le sénateur socialiste, ancien ministre, Michel Charasse d’être l’initiateur de cette forfaiture antilaïque. Nous faire le coup de la Gauche molle et de la Droite dure, il fallait oser !

De même, l’auteur a une thèse qui permet toutes les audaces : il faudrait en revenir à la loi Debré originelle. Il indique même que Jean-Louis Debré « semble trahir son père ». Après l’épisode de l’article 69 de la loi Falloux en 1993/1994 où la « Gauche politique et syndicale » a manifesté pour la défense de la loi Falloux (Victor Hugo a dû se retourner dans sa tombe), on veut nous faire défendre la loi Debré, qui est la mère de toutes les lois antilaïques, la loi Falloux en étant la grand-mère. Il y en a qui ne manquent pas d’audace, ni d’imagination.

Florilège des contre-vérités par omission

Page 43, l’auteur décrit fort justement la logique antilaïque mise en œuvre par la Ve République. Celle-ci a d’abord rendu « publique » l’école privée pour ensuite rendre « privée » l’Ecole publique. On passe ainsi de « la nationalisation du privé à la privatisation du public ». Fort juste, mais pourquoi ne pas dire que c’est la loi Jospin du 10 juillet 1989 qui a opéré cette mutation ? C’est cette loi qui a imposé le modèle du caractère propre et le fonctionnement de l’enseignement privé catholique à l’enseignement public. Elle a renforcé le rôle des Conseils d’école, survivance de la « mission de surveillance » prévue dans la loi Falloux.

En page 92, on lit que Xavier Darcos, ministre de Nicolas Sarkozy, aura « supprimé 100 000 postes dans l’Education nationale » pour « dégraisser le mammouth ». Le lecteur ne saura jamais que cette expression a été inventée par Claude Allègre, ministre socialiste de Lionel Jospin et visait, non les enseignants, mais le personnel du Ministère. L’auteur poursuit cette fausseté en page 195, où il indique que « dégraisser le mammouth » est l’obsession implacable de Xavier Darcos.

On atteint un sommet de contre-vérités quand l’auteur traite de la modification de l’article 69 de la loi Falloux. Un seul coupable : François Bayrou et le gouvernement de Droite ! Mais le Canard Enchaîné a révélé en son temps, sans jamais être démenti par les intéressés, que la Droite avait trouvé le projet dans les tiroirs de Jack Lang. C’est Majax, la Droite est honnie et la Gauche absoute par la grâce d’Eddy Khaldi ! C’est quand même un peu fort de café.

Bien entendu, on trouvera aussi au fil des pages tous les poncifs habituels de la pensée unique : la description de l’Islam menaçant et conquérant s’inscrit dans la politique du choc des civilisations. L’auteur va même jusqu’à dénoncer le fait qu’il y a « tromperie sur la marchandise » à propos de l’enseignement catholique, qui n’est pas visiblement assez « catholique » à son goût.

En conclusion, cet ouvrage, comme le précédent, a un goût de Canada dry : cela ressemble à la laïcité, mais cela n’en est point. Il vise à nous faire prendre son messie (le PS) pour une lanterne. Et à ce petit jeu, on finit toujours par se brûler.

Herbert Lespînasse

La République contre son école par Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi – Edition Demopolis – 328 pages – 21€

Il n’y a pas qu’à Paris que le crime fleurit, … mais quand même un peu

 Pourquoi un Délégué Départemental de l’Éducation Nationale récemment nommé vilipende-t-il les responsables de sa propre Union Locale ?

 Depuis peu nommé, un certain Jean-Pierre Sakoun dénigre les responsables élus de son Union Locale du XVIIIème arrondissement de Paris auprès du Président de la Fédération des Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale en des termes qui montrent une volonté de nuire. Les termes diffamatoires utilisés trahissent une basse manœuvre. Eddy Khaldi, Président de la Fédération des Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale, l’assure qu’une enquête sera menée. À la suite de cela, dans des termes acrimonieux, Eddy Khaldi menace le Président de l’Union Départementale de Paris.

Le Président de l’Union Départementale de Paris n’approuve pas la politique menée par Eddy Khaldi, laquelle conduit la Fédération des Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale vers une subordination à la politique menée par le ministère de l’Éducation Nationale de plus en plus marquée et qui pour ce faire assujettit les Unions Départementales, ce qui déplait.