Accueil

Editorial du Délégué laïque n°8

Choisir ou périr.

Nul ne peut nier que la Fédération nationale des DDEN est à la croisée des chemins.  Ou elle entreprend un sursaut pour se débarrasser de l’équipe du Président actuelle qui l’entraîne à sa disparition pure et simple, ou elle reprend force et vigueur sur son orientation traditionnelle d’indépendance.

Il s’agit bien de la question de l’indépendance des DDEN

Que lit-on dans la Lettre du DDEN n°194 ?: « Qui a peur des « États généraux de la laïcité« ? Le Conseil fédéral unanime a décidé de notre implication dans les « Etats Généraux de la laïcité » afin de faire valoir nos mandats issus de notre résolution générale et de nos motions de Congrès. Positions reprises pour une bonne part dans le premier rapport 2019-2020 du Collectif laïque national auquel nous appartenons. »

Et dans celle du n° 198 ?: « Jean-Pierre Obin dans un rapport sur « la formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République » sollicité par le ministre de l’Éducation nationale propose de :  » Lancer à la rentrée 2021 un plan ambitieux visant à donner à l’ensemble des personnels, en quatre ans, un premier niveau de formation à la laïcité et aux valeurs de la République, en privilégiant des interventions rassemblant tous les personnels au niveau de chaque école, collège et lycée« . L’initiative est fort louable, en effet, les événements dramatiques depuis janvier 2018 et l’assassinat de Samuel PATY en octobre 2020 ont renforcé, plus encore, l’idée que l’unité, l’harmonie et la paix dans notre société doit s’appuyer, en premier lieu sur les principes consubstantiels de l’Ecole et de la République autour de la laïcité. »

Comment ne pas y voir un relais de la politique du gouvernement?

Normalisation, bureaucratisation: La FN DDEN à l’heure de Brejnev

ce numéro 8 du Délégué laïque publie l’ensemble des documents sur la tentative de réduire au silence ceux qui ne sont pas en extase réglementaire devant Monseigneur Khaldi. Comme celui-ci craint (et avec raison) d’être mis en minorité au Congrès de novembre, il taille avec ses comparses un « congrès » sur mesure et à sa gloire, en envisageant même de modifier les statuts…

Il n’y aura, par la volonté du Prince et de sa cour dévote qu’un représentant par UD au Congrès national, sous prétexte de crise sanitaire. Du jamais vu !

Quand il peut, c’est lui qui désigne le représentant et qui désigne les Unions pouvant participer en visio au Congrès. Comment ne pas penser à ce qu’écrivait Bertolt Brecht au moment de l’insurrection du peuple berlinois contre la bureaucratie en 1953 : « Le peuple a par sa faute perdu la confiance du gouvernement. Et ce n’est qu’en redoublant d’effort qu’il peut la regagner. Ne serait-il pas plus simple alors pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »

C’est très exactement ce que fait l’équipe actuelle du Président Eddy Khaldi

Pire encore, et oui il ose tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît : des Unions départementales présentent des candidats au Conseil fédéral, ils sont invalidés, alors mêmes qu’ils remplissent les conditions statutaires exigées de la Fédération. Pour faire taire les opposants, il désaffilie  d’autorité des UD qui ne lui plaisent pas. Un vrai bureaucrate stalinien dans ses oeuvres. Que dire de certains « socialistes » qui prêtent la main à cela en oubliant le passé et ce que leurs aînés ont subi ?

A cette soif de pouvoir, comment ne pas penser à ce que disait Schiller à propos du condottiere autrichien Wallenstein: « L’ambition l’avait élevé, l’ambition le perdit » ? Mais un condottiere n’est rien sans quelques valets et collaborateurs qui le soutiennent et l’accompagnent en vue de quelques futurs bénéfices, pris comme il se doit sur la bête. Les accapareurs n’ont jamais de limite à leur soif.

Que va faire la grande masse des DDEN à ce congrès fabriqué, comme un village Potemkine ?

Avec certains, il y a un bruit de bottes. Avec d’autres, c’est le silence complice des pantoufles. Chacun est placé devant sa conscience. Personne ne pourra dire, pour faire taire sa conscience : « Je ne savais pas » et « je ne pouvais pas« .

Il est désormais clair que si la FN DDEN ne revient pas sur sa base traditionnelle d’indépendance, d’exemplarité et de clarté sur certains sujets qui implique une véritable démocratie interne, alors elle se délitera. Plus personne ne peut cacher non plus le véritable effondrement du nombre national de DDEN lors du renouvellement de leurs désignations. Ceci est un signal clair et fort de la catastrophe imminente qui arrive, et de la perte d’attractivité du fait de la ligne directrice de la fédération.

Ce Congrès de novembre est le congrès de la dernière chance. Sera-t-elle saisie ? C’est à chaque DDEN d’y répondre et de ne pas laisser faire l’irréparable.

Paul Feldman

Vous pouvez telecharger au format PDF le Délégué laïque n° 8

Vous pouvez également le lire en ligne